
Comportant de nombreuses branches d’activité, le secteur du commerce d’alimentation est un secteur dynamique. Les opportunités de business à saisir sont nombreuses et variées. Des investissements importants sont généralement à prévoir pour ouvrir un magasin en franchise ou en indépendant. Bien que la concurrence soit rude, il s’agit d’un marché porteur.
Vous souhaitez vous lancer dans le commerce de détail alimentaire ? Nous vous invitons à parcourir notre guide pour découvrir les formalités de création et d’ouverture de votre magasin. Vous y découvrirez les critères à considérer pour choisir le statut juridique adapté à votre épicerie ou supérette. Nous vous dévoilons également les étapes à suivre pour garantir une entreprise alimentaire prospère : étude de marché, création d’un business plan, etc.
Présentation de l’activité de commerce alimentaire moderne
L’industrie alimentaire a connu des changements majeurs au fil du temps afin de répondre aux besoins des consommateurs. Les petits commerces de détail alimentaire (épicerie et supérette) et les enseignes de grande distribution profitent de la technologie en constante évolution. En effet, il est désormais plus facile de faire ses courses, que ce soit en magasin ou sur Internet, grâce à l’e-commerce alimentaire. Cette forme de commerce de proximité vous permet d’étendre la portée géographique de votre entreprise au-delà de votre région. Les avantages présentés par l’avènement du commerce électronique sont nombreux, et ce, peu importe la catégorie de marché :
- commerces destinés à proposer des produits alimentaires surgelés ;
- commerces alimentaires généralistes (épicerie, supérette, supermarché, hypermarché, etc.) ;
- commerces alimentaires spécialisés dans la vente de poissons, de viandes, de crustacés, de fruits et légumes, etc.
Il est bon de noter que la définition du code APE (Activité Principale Exercée) dépend du secteur d’activité :
- de 47.11A à 47.11F pour les commerces d’alimentation générale ;
- de 47.21 à 47.29 pour les commerces de détail spécialisés.
Aussi appelé code NAF, le code APE, délivré par l’INSEE, doit figurer dans la fiche de paie. Il permet d’identifier facilement la branche d’activité de votre enseigne.
Les formalités de création d’entreprise nécessaires
Outre l’immatriculation au RCS ou au RNE, de nombreuses formalités annexes sont à réaliser pour ouvrir un magasin alimentaire.
Les formalités d’ouverture
Il est recommandé d’opter pour la constitution d’une micro-entreprise, car le formalisme en société commerciale est plus complexe et onéreux. Pour ce faire, la première étape consiste à remplir le formulaire PO disponible sur service-public.fr pour devenir auto-entrepreneur.
Pour la création de votre entreprise commerciale, qu’il s’agisse d’une enseigne en franchise ou indépendante, voici les formalités à accomplir :
- remplir le formulaire M0 ;
- procéder à la rédaction des statuts juridiques ;
- désigner le président ou le gérant si votre projet consiste à créer une entreprise avec au moins un associé ;
- publier un avis de constitution de votre société dans un journal d’annonces légales ;
- déposer le dossier d’immatriculation auprès du CFE compétent.
Les formalités à accomplir pour ouvrir une épicerie ou une supérette sont les mêmes pour tous les statuts. Le régime fiscal de micro-entreprise ou d’auto-entrepreneur est accessible aux profils suivants :
- entrepreneur individuel (EI) ;
- société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) ;
- entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL).
Vous souhaitez vous lancer dans une franchise ou en tant qu’entrepreneur indépendant ? Les types de régime présentent des avantages non négligeables en matière d’allègements fiscaux, administratifs et comptables. Peu importe le statut juridique choisi, les plafonds de chiffre d’affaires annuel sont fixés à :
- 77 700 euros pour les professionnels opérant dans une activité libérale qui relève BNC et les entrepreneurs souhaitant proposer des prestations de services artisanales ou commerciales relevant des BIC ;
- 188 700 euros pour les activités liées à la vente de marchandises, de denrées alimentaires et de fourniture de logement (meublé de tourisme, chambre d’hôtes et hôtel).
Pour la création d’une entreprise avec au moins un associé, le choix du statut juridique est essentiel. Toutefois, il convient de formaliser cette collaboration en établissant un contrat définissant le partage des frais et des revenus. Dans ce cadre, deux options s’offrent à vous :
Les démarches à entreprendre dépendent du statut juridique adopté. Cependant, que vous optiez pour la création d’une entreprise en franchise ou en indépendant, elles restent inchangées.
L’immatriculation au RCS
L’étape suivante consiste à procéder à votre immatriculation auprès du RCS (registre du commerce et des sociétés). Cette opération est nécessaire si vous prévoyez recruter au moins 10 employés au sein de votre magasin alimentaire. Pour ce faire, déposez votre dossier auprès de l’administration pour être inscrit au RNE et au RCS. Si vous avez opté pour le statut juridique SARL ou SAS, chaque associé devra déposer au préalable des fonds sur le compte bancaire professionnel. Cette somme est considérée comme un apport personnel.
Si vous optez pour le régime de micro-entreprise, le formulaire à remplir est disponible sur le site de l’INPI. Il est recommandé de protéger votre marque auprès de cet établissement public à caractère administratif. Une fois immatriculé au RCS et au RNE, il ne vous reste plus qu’à remplir le formulaire P0.
Les étapes à suivre pour ouvrir une épicerie
Avant d’ouvrir une épicerie, il convient d’étudier en amont l’emplacement, la gamme de produits, la marge bénéficiaire, les horaires d’ouverture… Voici les étapes à suivre pour permettre à votre projet de voir le jour.
Trouver un concept porteur
Tout d’abord, il convient de définir votre concept de magasin en choisissant entre une épicerie fine, généraliste, collaborative ou thématique. Ensuite, déterminez le positionnement de votre magasin pour différencier votre activité de vente au détail et attirer l’attention des clients. Du décor (épuré, rustique, etc.) à l’ambiance qui y règne (luxueuse, chaleureuse, etc.), en passant par la présentation des produits alimentaires, rien ne doit être laissé au hasard. N’hésitez pas à visiter les entreprises concurrentes et à faire une comparaison pour déterminer les principaux avantages de chaque enseigne. La mise en place d’une stratégie de communication efficace, qui varie selon le concept adopté, représente le facteur clé pour assurer la rentabilité d’un commerce de détail alimentaire.
Faire une étude de marché
Avant d’ouvrir un magasin d’alimentation, une étude de marché est nécessaire pour évaluer le potentiel commercial de votre projet. L’objectif est de vous assurer qu’il existe une opportunité à saisir et que le marché n’est pas saturé. Cette opération commence par une analyse du secteur pour avoir un aperçu des principales tendances, des principaux acteurs et de l’organisation de la filière.
L’étape suivante consiste à procéder à une étude de la demande pour déterminer le profil des clients à cibler. Vous pourrez ainsi connaître les besoins et le comportement d’achat de vos futurs clients. Il est également important de faire une étude de l’offre en vous informant sur :
- les services et les produits proposés par vos concurrents directs et indirects ;
- leur emplacement géographique ;
- leur statut (indépendant ou franchisé) ;
- les concepts qui intéressent les clients.
Grâce à ces informations, vous serez en mesure de vous distinguer de la concurrence. Vous pourrez également attirer plus facilement l’attention de vos futurs clients et les fidéliser.
Créer un business plan
Destiné à présenter votre projet de création d’entreprise, le business plan reprend certaines informations obtenues grâce à l’étude de marché. À ces données s’ajoutent les éléments ci-dessous :
- les prévisions à court et à moyen terme ;
- vos besoins en matière de financement ;
- la stratégie marketing de votre entreprise.
Le business plan est nécessaire pour trouver des partenaires financiers ou contracter un crédit professionnel afin d’ouvrir votre épicerie. En effet, ce document sert à démontrer la solidité de votre projet pour convaincre les institutions de prêt. Il est bon de noter qu’un apport de départ est requis pour augmenter vos chances d’obtenir un crédit.
Choisir l’emplacement du local commercial
Il est recommandé de privilégier les rues commerçantes faciles d’accès pour assurer la rentabilité d’un commerce de proximité. La zone de chalandise et le confort d’achat constituent les premiers critères à considérer. Le choix entre la location et l’achat dépend de vos possibilités financières. Pour la première option, assurez-vous que le contrat de bail contient toutes les informations nécessaires : loyer mensuel, date du paiement, durée de la location, dépôt de garantie, etc.
Il est bon de préciser qu’un budget non négligeable est requis si vous louez le local, tandis que la seconde option (achat du local commercial) est plus onéreuse sur le long terme. Pour cette dernière solution, vous pouvez opter pour la location-gérance, un choix synonyme de sécurité. En effet, en louant un fonds de commerce sur une durée précisée dans le contrat, vous serez en mesure de déterminer si l’activité est rentable. Le choix des produits constitue aussi un facteur important pour garantir la réussite de votre projet d’ouvrir un magasin alimentaire.
Définir le budget nécessaire
Il est important de prévoir un budget important pour ouvrir un commerce de détail alimentaire. De manière générale, un apport financier d’environ 30 000 € est à prévoir. Pour définir l’investissement financier nécessaire afin de permettre à votre projet de voir le jour, axez votre étude sur :
- les dépenses pour l’aménagement de votre épicerie et l’achat des équipements (enseigne commerciale, caisse enregistreuse, réfrigérateur, etc.) ;
- le budget nécessaire pour le stock de démarrage et le prix d’achat des marchandises (conserves, surgelés, fruits secs, produits d’entretien, etc.) ;
- les investissements relatifs au recrutement du personnel ;
- les frais de publicité et les dépenses en matière d’énergie ;
- etc.
Lors du calcul, il est recommandé de ne surtout pas sous-estimer le montant à allouer pour éviter le manque de trésorerie lors du démarrage de votre activité. Vérifiez également si vous êtes éligible aux dispositifs d’aide à la création d'entreprise. Ces aides publiques compléteront votre apport personnel.
Les réglementations qui s’appliquent aux commerces de détail alimentaires
Il convient de prendre connaissance des différentes réglementations en vigueur, qui s’appliquent aussi bien à un magasin franchisé qu’à une enseigne indépendante.
Les principales règles à respecter
Avant d’ouvrir votre entreprise de proximité, voici les obligations légales à respecter :
- les normes d’hygiène et de sécurité alimentaire ;
- les températures de conservation des produits ;
- le règlement sanitaire départemental que vous pouvez récupérer à la préfecture ;
- l’affichage des prix par unité de mesure des produits mis en vente ;
- l’affichage des ingrédients allergènes sur le produit lui-même ou à proximité de celui-ci (selon l’article R412-14 du Code de la consommation) ;
- les obligations liées aux établissements recevant du public (ERP), tels qu’un éclairage électrique, une alarme incendie ou une évacuation rapide des salariés et des clients, entre autres.
Dans le cas où vous envisagez de vous lancer dans la vente de denrées d’origine animale, une déclaration auprès de la Direction départementale de la protection des personnes (DDPP) est requise. Une date de péremption doit être visible sur les produits destinés à la vente. Les agents de la Direction départementale de la concurrence et de la consommation (DGCCRF) procèdent souvent à une descente pour s’assurer du respect de cette réglementation. Pour être certain de proposer des produits frais (œufs ou viandes par exemple), assurez-vous que votre fournisseur dispose d’un agrément sanitaire spécifique.
Il est aussi nécessaire de vérifier le bon fonctionnement de vos appareils de pesage tous les deux ans. Le certificat délivré par l’organisme de contrôle agréé doit être placé à un endroit visible par les clients.
Les obligations supplémentaires
Des obligations supplémentaires s’imposent pour ouvrir un magasin alimentaire dans les meilleures conditions. Dans cette optique, vous devez suivre une formation en matière d’hygiène alimentaire. Ce programme vous permet de connaître et d’appliquer les règles en vigueur portant sur :
- l’aménagement du local commercial ;
- l’entreposage des produits ;
- la chaîne de conservation du froid.
Aucun diplôme n’est requis dans le cadre de votre projet d’ouvrir une épicerie. Toutefois, il est conseillé de vous inscrire à un SPI (stage de préparation à l’installation). Durant cette formation qui dure 5 jours, vous apprendrez les bases de la comptabilité et de la gestion.
Vous prévoyez de proposer vos produits d’origine animale à des intermédiaires, et non directement aux consommateurs ? Dans ce cas, un agrément CE ou agrément sanitaire est nécessaire. Pour l’obtenir, vous pouvez faire votre demande en ligne en remplissant le Cerfa n°13984*05 (Cerfa de dérogation d’agrément sanitaire). Ce document est disponible sur le sur le site du Ministère chargé de l’agriculture. Ensuite, il suffit de l’envoyer à la DDPP du lieu d’implantation de votre épicerie.
Conseils pour assurer le succès de votre projet d’ouvrir une épicerie
Les entreprises misent sur un plan de communication efficace pour attirer rapidement les clients. La première étape consiste à créer et à optimiser la présence en ligne. La création d’une page Facebook dédiée à l’actualité de votre supérette ou de votre épicerie fine, entre autres, est nécessaire. Cette opération vous permet d’atteindre le public cible. Il convient de partager un bon plan de manière régulière et de faire de la publicité pour votre business. En tant qu’entrepreneur, votre objectif est de promouvoir vos produits et votre commerce de détail alimentaire au niveau local.
La création d’une fiche Google Profile Business est également recommandée pour apparaître dans les requêtes locales. Vos clients potentiels trouveront facilement votre magasin de proximité en ligne. Pensez à inclure dans votre fiche toutes les informations essentielles : adresse, nom commercial, numéro de téléphone, horaires d’ouverture et de fermeture, etc.
Les petites entreprises comme les grandes enseignes, indépendantes ou appartenant à un réseau de franchises, rivalisent d’ingéniosité pour atteindre un public cible. Outre le plan de communication digitale, elles misent aussi sur les outils traditionnels. Brochures, flyers ou cartes de visite à distribuer dans les commerces environnants, le choix est vaste. Il est essentiel de mettre votre positionnement en valeur grâce à de belles photos. Ces solutions vous donneront sans aucun doute le coup de pouce dont vous avez besoin pour faire connaître votre épicerie.
Dernier point, et non des moindres, avant d’ouvrir votre magasin, il est conseillé de recourir à une entreprise de nettoyage. La désinfection et la dératisation de votre local commercial figurent parmi les opérations indispensables pour garantir la sécurité des produits alimentaires. Ces conseils sont également valables si vous souhaitez ouvrir votre épicerie et rejoindre les franchises alimentaires de proximité ou les franchises alimentaires bio, entre autres.





