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Les épiceries ont toujours le vent en poupe en France. C’est un excellent business, et ce, même si l'on concentre son activité uniquement dans le bio et l'alimentaire. En effet, le nombre de commerces de proximité qui ont ouvert leurs portes est en constante augmentation ces dernières années. Bien gérées et profitant d’une bonne situation géographique, ces épiceries peuvent s’avérer très rentables. Vous avez décidé de vous lancer et d'ouvrir votre magasin ? Découvrez dans ce guide les étapes à suivre et les formalités à accomplir pour ouvrir une épicerie. Nous vous dévoilons également quelques conseils pour concrétiser votre projet de création et assurer le succès de votre concept.
Qui peut devenir commerçant et ouvrir sa propre épicerie ?
Selon les derniers rapports, la part de marché des commerces de proximité se porte bien. Elle ne cesse d’augmenter face aux grandes surfaces alimentaires. Vous souhaitez devenir entrepreneur et investir dans ce secteur porteur ? Le premier réflexe à avoir est de vous informer pour savoir si vous pouvez ouvrir votre propre épicerie. Voici les conditions requises pour la création de votre futur magasin :
- avoir 18 ans révolus ;
- avoir la nationalité française, être un ressortissant européen ou être titulaire d’une carte de séjour en France pour les ressortissants de pays hors de l’Union européenne ;
- ne pas avoir fait l’objet d’une faillite personnelle ;
- ne pas exercer d’activité parallèle incompatible avec le commerce (liquidateur, expert-comptable, avocat, architecte, etc.) ;
- n'avoir commis aucune violation juridique : vol, fraude fiscale, recel, escroquerie, etc.
Vous êtes apte à respecter ces formalités ? Découvrez dans les lignes qui suivent les étapes pour permettre à votre projet de création de voir le jour.
Les étapes de création d’une entreprise pour votre épicerie
Il convient de connaître les démarches à entreprendre pour la création d’une entreprise de commerce. Nous vous dévoilons ci-après les formalités à accomplir.
Bien définir votre projet d’épicerie
Il est important de préciser en premier lieu votre concept de magasin. Vous devrez ensuite faire une analyse approfondie pour vous assurer qu’il est original et porteur. Il s’agit d’une étape indispensable pour déterminer tous les aspects de votre future entreprise, allant des concurrents directs à la clientèle type. Une épicerie bio serait par exemple un bon début. Le choix de l’emplacement de votre magasin de proximité dépendra également de ces paramètres. Par conséquent, la première étape consiste à choisir parmi la liste ci-après :
- une épicerie fine proposant uniquement des produits bio ou frais (charcuterie, fromage, etc.) ;
- une épicerie généraliste proposant des produits frais ou en conserve, des boissons avec ou sans alcool (avec un permis d’exploitation obligatoire pour la vente de boissons alcoolisées) ;
- une épicerie collaborative ;
- une épicerie thématique (dédiée aux gourmandises, aux épices ou aux produits du terroir, à l'alimentaire, entre autres) ;
- etc.
L’étape suivante consiste à déterminer la zone de positionnement de votre épicerie : décor rustique ou épuré, ambiance chaleureuse ou luxueuse, etc. Mine de rien, ces détails sont essentiels pour vous permettre de réussir en tant qu'entrepreneur. En effet, ils représentent un véritable coup de pouce pour votre business.
Choisir le statut : indépendant ou franchisé
Il convient de vous demander si vous souhaitez ouvrir une épicerie de quartier ou en zone rurale, et de définir les horaires d’ouverture (de jour comme de nuit). Les stratégies de communication et de marketing à appliquer seront différentes en fonction du concept. Il est également essentiel de choisir entre l’indépendance et la franchise. Notez que chaque forme de distribution présente des avantages et des inconvénients.
Si vous préférez vous ouvrir au commerce indépendant, l’autonomie et la liberté constituent vos points forts. En effet, vous êtes libre de définir votre stratégie commerciale et économique, après une étude approfondie. Vous pouvez également engager du personnel et distribuer les produits de votre choix, qu’ils soient bio ou non. D’un autre côté, vous vous retrouverez seul pour supporter les dépenses liées à votre business et pour faire face à la pression de la concurrence. Ce statut engendre une responsabilité assez lourde.
En optant pour la franchise, qui est gage de sécurité, vous bénéficiez de la notoriété du réseau dès l’ouverture de votre épicerie. Votre partenaire, qui dispose d’une expérience avérée dans le commerce, s’engage à assurer un accompagnement personnalisé . Le système adopté vous permet également de tirer profit de la logistique du groupe (approvisionnement, livraison, etc.) et d’accéder à des fournisseurs qui vous proposent des produits à prix compétitifs (Casino, Carrefour, etc.), sans oublier le fait d'avoir rapidement un personnel qualifié. Cependant, le contrat de franchise réduit votre liberté, car vous êtes contraint de respecter les termes et les engagements définis par le franchiseur. Vous devrez suivre une réglementation spécifique concernant le catalogue, le conditionnement et la présentation des produits commercialisés dans le magasin.
Rechercher le local répondant à vos attentes
La première chose à savoir avant de penser à ouvrir votre magasin, peu importe son type, c’est que plus la zone géographique est attrayante, plus le prix du local est élevé. Il convient ainsi de faire une étude de vos capacités de financement, en fonction du programme :
L’achat d’un local commercial
Cette solution représente un financement important, mais elle vous offre plus de liberté pour gérer votre épicerie. En effet, vous n’êtes pas soumis aux règles qui s’appliquent aux baux commerciaux.
La location d’un local commercial
Pour les jeunes entreprises, il s’agit de l’option la plus sécurisante. Vous pourrez organiser votre activité en toute sérénité, sans avoir à subir la pression financière que représente un crédit immobilier. En outre, il est possible de déduire le loyer du bénéfice imposable de votre entreprise. Cependant, contrairement à l’acquisition d’un local, vous êtes soumis à la réglementation d’un bail commercial.
L’acquisition d’un fonds de commerce
En reprenant le fonds de commerce d’une épicerie existante, vous disposez des équipements nécessaires et d’une clientèle déjà fidélisée. Toutefois, vous devrez considérer les éléments incorporels à votre charge, dont :
- le nom commercial ;
- le droit au bail ;
- les contrats de travail ;
- le contrat d’assurance.
Vous renseigner sur votre marché
Selon la DGCCRF, le nombre de nouvelles épiceries - bio ou non - qui ouvrent leurs portes continue d’augmenter depuis ces dix dernières années, à hauteur de plus de 70 %. Il est nécessaire de savoir s’adapter avec ce secteur d’activité en constante évolution, notamment avec :
- la digitalisation du commerce alimentaire en plein essor, avec une augmentation de 40 % du nombre de foyers français qui effectuent leurs courses en ligne ;
- le gain en notoriété des commerces de proximité avec le vieillissement de la population et la hausse du nombre de ménages non véhiculés ;
- l’attrait pour les produits bio, de qualité et du terroir.
La concurrence entre épiceries et avec les autres acteurs du marché est rude, c'est un business toujours en plein essor. C’est pour cette raison que le fait de travailler votre positionnement en réalisant une étude de marché est une étape incontournable. Cette analyse vous permet de connaître la conjoncture économique locale liée à votre secteur d’activité. Il peut s’agir de la concurrence directe et indirecte, des habitudes de consommation, du panier moyen des clients, etc.
Prévoir le financement nécessaire pour votre business
Pour réaliser votre projet d'ouvrir une épicerie, il est important de calculer un budget prévisionnel qui inclut :
- un plan de financement destiné à évaluer le budget total et vérifier si vous disposez des capitaux nécessaires au lancement de votre entreprise ;
- un bilan prévisionnel pour vous assurer de l’équilibre entre le total des actifs et celui des passifs ;
- un compte de résultat prévisionnel pour vérifier la rentabilité de votre entreprise en vous basant sur le chiffre d’affaires et l'ensemble des dépenses prévisionnelles ;
- un plan de trésorerie pour suivre les sorties et les entrées d’argent mensuelles. Vous pourrez ainsi faire une analyse de votre situation.
Ces données sont essentielles pour vous assurer de disposer d’un budget suffisant afin de financer les premières dépenses, à savoir :
- les frais de création de l’entreprise qui varie en fonction de la structure juridique choisir ;
- l’achat et la pose de votre enseigne ;
- les des travaux d’aménagement nécessaires ;
- l’achat de matériel (comptoir, caisse, terminaux de paiement, poste informatique, étagères, présentoirs, etc.) ;
- la constitution d’un stock de marchandises ;
- etc.
Options à envisager en cas d’apport insuffisant
Si vous ne disposez pas d’un budget suffisant pour le concept, vous devrez faire une demande de subvention (crowdfunding, aide à la création d’entreprise proposée par Pôle emploi ou les collectivités locales, etc.) ou contracter un prêt bancaire. Dans cette seconde option, il est nécessaire de définir un business plan pour votre magasin. Ainsi, il vous sera plus facile de convaincre votre banquier de vous octroyer les euros dont vous avez besoin. Pour ce faire, voici les points à aborder :
- une présentation précise de votre projet et de votre équipe ;
- une étude de marché en exposant vos possibilités financières pour monter votre épicerie ainsi que votre stratégie commerciale ;
- votre dossier financier incluant les investissements à effectuer, un plan de trésorerie, ainsi qu’une estimation de votre viabilité pour les trois années à venir et de votre capacité de financement.
Pour monter votre projet personnel, votre apport financier peut être composé de fonds personnels, d’un prêt d’honneur ou d’une aide à la création d’entreprise.
Choisir le statut juridique
Le choix du statut juridique dépend de votre situation. Dans le cas où ouvrir votre épicerie est un projet personnel que vous souhaitez réaliser tout seul, vous pouvez opter pour :
- une société unipersonnelle, à savoir une société par actions simplifiée unipersonnelle (SASU) ou une entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL) qui vous offre une meilleure protection si vous avez des créanciers ;
- une entreprise individuelle (EI) qui vous permet de profiter du statut social et fiscal d’un micro-entrepreneur, mais impose des plafonds de chiffre d’affaires annuel inadaptés à votre projet, à hauteur de 188 700 euros.
Les démarches pour la création de votre entreprise sont simplifiées. En effet, il vous suffit de procéder à une domiciliation auprès du guichet unique des entreprises.
Si vous prévoyez d’ouvrir votre épicerie avec au moins un associé, le statut ne sera pas pareil. Vous avez le choix entre :
- une société à responsabilité limitée (SARL) qui vous assure un fonctionnement sécurisé pour la gestion de votre épicerie ;
- une société par actions simplifiée (SAS) qui est parfaite si vous prévoyez de recruter de nombreux salariés, mais les cotisations sociales sont plus élevées.
Il convient ensuite de constituer et de déposer le capital social, de procéder à la rédaction et à l’enregistrement de votre société et d’en nommer le dirigeant. L’étape suivante consiste à publier un avis de constitution de votre société dans un journal d’annonces légales. Ensuite, déposez votre dossier de création au greffe avant de déclarer les bénéficiaires effectifs de votre épicerie.
Pour ne pas vous tromper dans votre choix, n’hésitez pas à recourir aux services d’un expert-comptable ou d’un avocat fiscaliste qui maîtrisent davantage les formalités. En effet, ces professionnels disposent des compétences nécessaires pour vous accompagner dans toutes les démarches. Ils sont en mesure de définir le statut juridique adapté à votre projet : EI, SASU, EURL, SAS ou SARL.
Les informations à connaître absolument
Rien ne doit être laissé au hasard pour ouvrir votre épicerie de jour ou de nuit dans les meilleures conditions. Découvrez dans la suite de ce guide ce que vous devez savoir concernant les règles à respecter.
La réglementation relative à l'ouverture d’une épicerie
Avant de foncer tête baissée, il faudra vous renseigner sur la réglementation en vigueur. En effet, de nombreuses règles liées à l’ouverture d’une épicerie doivent être respectées, à savoir :
- les normes d’accessibilité aux personnes à mobilité réduite ou en situation de handicap ;
- les règles de sécurité dédiées aux établissements recevant du public (ERP) telles que les normes d’incendie (présence d’un dispositif d’alarme incendie, d’extincteurs, de portes coupe-feu, etc.) ;
- les normes de pesage des aliments, sachant que les instruments de pesage (bascules, balances, emballeuses ou doseuses-trieuses) doivent être contrôlés par un organisme agréé tous les deux ans ;
- les normes d’hygiène et de sécurité alimentaire (date de péremption et traçabilité des produits alimentaires, chaîne de froid, etc.) ;
- l’obligation d’afficher les prix avec le montant de la TVA et le montant total TTC (sur l’étiquette pour les produits préemballés ou à un endroit bien visible sur l’étalage en cas de produits bio vendus en vrac) ;
- l’obtention d’un permis d’exploitation pour vendre de l’alcool : « petite licence à emporter » ou « grande licence à emporter », en fonction du type de boisson alcoolique.
Vous souhaitez vendre des produits à base de viande au sein de votre épicerie ? Vous êtes tenu de réaliser une déclaration de manipulation de denrées alimentaires d'origine animale.
Les obligations pour exercer en tant qu’épicier à votre compte
Votre local commercial doit être assuré pour vous protéger contre les risques d’inondation, d’attaque à main armée, de vol commis par des tiers ou par vos employés, ou encore de perte ou d’interruption d’activité indépendante de votre volonté. Il est conseillé de souscrire une assurance multirisque professionnelle pour profiter d’une couverture complète. Par exemple, vous serez ainsi indemnisé :
- si votre vitrine a été cassée ou si la devanture de votre épicerie a été taguée ;
- en cas d’explosion, d’incendie ou de dommages causés par un véhicule terrestre ;
- dans le cas où vos marchandises ont été endommagées à la suite d’un dégât des eaux, d’une catastrophe naturelle ou d’un incident électrique.
Si vous prévoyez d’ouvrir une épicerie de nuit, certaines règles spécifiques doivent être respectées. En effet, pour obtenir une autorisation de vente de boissons alcoolisées entre 22 h et 8 h (le lendemain), un permis de vente de boissons alcoolisées la nuit (PVBAN) est nécessaire. Pour ce faire, le suivi d’une formation auprès d’un organisme agréé est obligatoire pour décrocher ce permis d’exploitation.
Conseils pour assurer le succès de votre projet
Nous vous invitons à découvrir ci-dessous les éléments à prendre en compte en amont avant de vous lancer.
Suivre une formation
Aucun diplôme ni certificat spécifique n’est requis pour ouvrir une épicerie de jour ou de nuit. Pour garantir le succès de votre entreprise, certaines qualités et compétences sont nécessaires, à savoir :
- avoir le sens du contact ;
- faire preuve d’une fibre commerciale développée ;
- être parfaitement organisé et savoir gérer les stocks ;
- connaître et respecter la réglementation en vigueur liée à votre commerce.
Pour ce dernier point, il existe des formations dispensées par la Chambre de Commerce et d’Industrie. Vous pouvez également vous adresser à la Fédération des épiciers de France qui propose des formations complètes dédiées aux épiciers. Cependant, pour acquérir les compétences nécessaires à l’exercice du métier d’épicier, notamment en matière de communication, de comptabilité, de gestion ou d’informatique, diverses formations sont disponibles :
- le bac pro technicien conseil vente en alimentation (produits alimentaires et boissons) ;
- le bac pro métiers du commerce et de la vente, option A – animation et gestion de l’espace commercial ;
- le BUT techniques de commercialisation – parcours marketing et management du point de vente ;
- le BTSA technico-commercial, option alimentation et boissons.
Il s’agit d’une liste non exhaustive des formations dédiées à l'entrepreneur voulant évoluer dans ce secteur d’activité. Elles vous permettent d’acquérir les connaissances et les aptitudes nécessaires à une bonne gestion managériale, humaine, administrative et fiscale d’un commerce de détail alimentaire.
Établir un plan de communication percutant
Pour susciter l’intérêt de vos futurs clients et fidéliser ceux existants, il convient de créer un plan de communication efficace. À l’ère du tout numérique, n’hésitez pas à créer un compte professionnel sur les réseaux sociaux tels que Facebook ou Instagram. Pour gagner en visibilité, diffusez votre campagne de publicité ciblée et partagez régulièrement des bons plans. Vous pouvez également créer une fiche Google My Business via le compte Google de votre entreprise pour apparaître dans les requêtes locales. Toutes ces étapes sont efficaces pour vous démarquer des autres épiceries concurrentes.
Combinées à une bonne stratégie de communication digitale, les méthodes de communication traditionnelles représentent votre fer de lance pour marquer les esprits. Misez sur les flyers en prenant soin de choisir de belles photos pour valoriser votre positionnement. Vous pouvez les distribuer dans les commerces environnants pour atteindre un public plus large. Enfin, chouchoutez vos clients, car s’ils sont satisfaits par vos services et la qualité de vos produits, ils en parleront certainement à leur entourage ou vous laisseront des avis sur vos réseaux sociaux. Il n’y a rien de mieux que le marketing de bouche-à-oreille pour fidéliser votre clientèle, augmenter votre chiffre d'affaires et réussir en tant qu'entrepreneur. Voilà les points essentiels à retenir avant d'ouvrir une épicerie.






