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Ouvrir une micro crèche

Selon le bilan démographique de l’INSEE, le nombre de naissances en France s’élève à environ 750 000 par an. Le pays fait actuellement face à une pénurie de structure d’accueil de la petite enfance. On compte près de 500 000 places en crèche. Il s’agit ainsi d’un marché porteur en constante évolution. Vous prévoyez d’ouvrir une micro-crèche ? Il est nécessaire de mettre en place un modèle d’affaires solide pour obtenir des financements, car ce projet entrepreneurial n’est pas sans difficulté. De nombreuses formalités sont à accomplir pour ouvrir une micro-crèche : réaliser une étude de marché, choisir un statut juridique... Nous vous dévoilons également dans ce guide les démarches à suivre, étape par étape, pour la création de votre entreprise, que ce soit en indépendant ou en franchise.

Les prérequis pour ouvrir une micro-crèche

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il convient de s’attarder sur la définition d’une micro-crèche, un mode de garde apparu en 2010. Depuis, le nombre de ce type d’établissements d’accueil n’a cessé d’augmenter pour répondre aux besoins des parents. La micro-crèche est une structure d’accueil destinée aux enfants âgés de 2 mois à 6 ans. Elle présente une capacité d’accueil limitée à 12 enfants, contre 60 pour une crèche classique. Cette limite d’effectifs favorise l’accompagnement personnalisé, permettant ainsi aux micro-crèches de gagner en notoriété.

La FFEC (Fédération française des entreprises de crèches) a réalisé un sondage auprès des parents qui confient leurs enfants à une crèche. Selon les résultats de cette investigation, la quasi-totalité des personnes interrogées se disent satisfaites par les services proposés par ce type d’établissement pour la petite enfance. Une équipe composée de professionnels de la puériculture et de l’enfance reste à l’écoute des moindres besoins des enfants sous leur responsabilité, assurant des services de qualité. Avec le fort engouement que connaît le marché des micro-crèches, le nombre d’entrepreneurs qui se lancent dans ce projet ne cesse d’augmenter.

Les conditions requises pour ouvrir une micro-crèche

Selon l’article R2324-1 du Code de la santé publique, la création de ce type de structure d’accueil s’adresse à un large éventail de profils.

Chez les particuliers, il est possible d’ouvrir une micro-crèche, même s’ils n’ont pas le diplôme dédié à ce secteur d’activité. Cependant, le directeur est obligé d’en confier la gestion à un professionnel qualifié. Un minimum de qualification est obligatoire pour le personnel encadrant afin d’assurer le bien-être et la sécurité de chaque enfant accueilli dans la micro-crèche. Au moins un membre de l’équipe doit être titulaire d’un diplôme d’État d’éducateur de jeunes enfants (DEEJE) ou d’un diplôme équivalent.

Les professionnels de la petite enfance peuvent aussi se lancer dans ce projet. Il s’adresse aux personnes titulaires d’un DEEJE (un diplôme de niveau bac+3) ou d’un diplôme d’État d’auxiliaire de puériculture (un diplôme de niveau bac). Le suivi technique de la mise en œuvre du projet doit être assuré par le référent technique.

Les entreprises privées et les associations sont également habilitées à ouvrir une crèche. Elles sont tenues de respecter les normes d’accueil et d’encadrement définies par la loi. Selon le Code de la santé publique, 40 % du personnel encadrant doit être titulaire d’un diplôme de puéricultrice, d’infirmier ou d’éducateur de jeunes enfants. Pour le reste de l’équipe, un CAP AEPE (certificat d’aptitude professionnelle petite enfance) est requis. Seul le directeur n’est pas obligé d’être en possession d’un diplôme dédié à la petite enfance, contrairement à la réglementation qui s’applique à d’autres types de structures.

Les établissements publics et les collectivités territoriales ne sont pas autorisés à créer des micro-crèches privées. Mais ils peuvent apporter leur soutien et participer au développement de ce type de société, à condition qu’il soit implanté sur leur territoire.

Les avantages d’une micro-crèche en franchise

Selon les dispositions du droit commercial, la franchise constitue un accord juridique et commercial par lequel le franchiseur met son nom commercial à la disposition du franchisé en contrepartie d’une rémunération. L’enseigne s’engage également à fournir ses licences et une assistance tout au long de l’exercice de l’activité commerciale. Ainsi, si vous décidez d’ouvrir une micro-crèche en franchise, vous profitez de divers avantages, à savoir :

  • le savoir-faire, l’expérience et la notoriété d’une marque existante, vous permettant de gagner rapidement la confiance des clients ;
  • un accompagnement de la franchise à toutes les étapes de création de votre entreprise ;
  • la possibilité de réaliser une opération immobilière plus facilement ;
  • une assistance dans la recherche de financement pour le recrutement et la formation du personnel.

Pour rejoindre le réseau de franchise, vous êtes tenu de verser un droit d’entrée et des redevances régulières. Cependant, comme il s’agit d’un marché rentable, vous êtes en mesure d’augmenter rapidement votre chiffre d’affaires. Grâce à la réputation de l’enseigne, vous n’aurez aucun mal à optimiser le taux d’occupation de votre micro-crèche.

La réglementation qui régit la micro-crèche

Encadrées par la PMI (Protection maternelle et infantile), les micro-crèches sont soumises à deux textes réglementaires, à savoir :

  • le décret n° 2007-230 du 20 février 2007, avec une réglementation qui concerne principalement les établissements et les structures accueillant les enfants de moins de 6 ans ;
  • le décret n° 2010-613 du 7 juin 2010 qui apporte de nouvelles règles applicables aux établissements d’accueil collectifs dédiés aux enfants de moins de 6 ans. Les conditions ont été modifiées, avec une augmentation de la capacité d’accueil. Pour les micro-crèches, le nombre maximal est passé de 10 à 12 enfants.

Pour assurer le bon fonctionnement de la micro-crèche, il est nécessaire d’embaucher 3 salariés. Pour pouvoir exercer en toute légalité, le personnel doit justifier de :

  • 2 années d’expérience professionnelle dans une structure destinée aux jeunes enfants et d’une qualification de niveau V ;
  • 3 années d’expérience professionnelle en tant qu’assistant(e) maternel(le) agréé(e).

Les professionnels de la petite enfance recommandent de vous baser sur un système de questionnaire pour être certain de recruter un personnel de qualité. Il est bon de savoir qu’aucune qualification professionnelle et aucun diplôme spécifique ne sont exigés pour le directeur. En tant qu’entrepreneur, vous êtes tenu d’engager un référent technique. Ce professionnel assure le suivi et la coordination de l’activité des salariés chargés de l’accueil des enfants.

Le budget nécessaire pour l’ouverture d’une micro-crèche

Le budget à prévoir pour ouvrir une micro-crèche est généralement compris entre 100 000 et 350 000 euros. Il varie en fonction de plusieurs critères, à savoir :

  • la superficie totale du local ;
  • le matériel pédagogique, les aménagements et les équipements nécessaires, gage de services de qualité ;
  • le personnel à embaucher.

Pour les besoins matériels, voici une liste non exhaustive des équipements nécessaires :

  • pour l’espace d’accueil : des bancs, des porte-manteaux, des surchaussures et un bac de rangement pour chaussettes et chaussures ;
  • pour l’espace de change : des poubelles à couches, des tables à langer ou des matelas de change, ainsi qu’une armoire à pharmacie ;
  • pour l’espace de repos : des couchages adaptés à chaque âge avec matelas et linge de lit, des tables et des chaises ;
  • pour les jeux et les activités : des jouets éducatifs, des tapis en mousse, des meubles de rangement, des tapis d’éveil, des chariots de marche, des draisiennes et des jeux d’extérieur (balançoires, toboggans, etc.) ;
  • pour l’alimentation : des biberons, des couverts ergonomiques, des assiettes compartimentées, des bavoirs et des tasses stop-goutte ;
  • pour la gestion comptable et administrative : au moins 3 bureaux avec caissons, chaises de bureau et ordinateurs, ainsi que des logiciels de comptabilité et de bureautique.

Les travaux requis pour mettre le local aux normes d’hygiène et de sécurité exigées figurent également dans les paramètres à considérer. Il en va de même pour les frais de fonctionnement incluant :

  • les charges locatives ;
  • les frais d’entretien et de maintenance des locaux ;
  • les dépenses en énergie ;
  • les fournitures (produits d’hygiène, couches…).

Les étapes à suivre pour l’ouverture d’une micro-crèche

Une préparation minutieuse de votre projet est nécessaire pour ouvrir votre micro-crèche dans les meilleures conditions. Nous vous dévoilons ci-après les étapes que l’entrepreneur ne doit surtout pas négliger.

Définir votre projet de projet de micro-crèche

Cette étape est destinée à vérifier la faisabilité de la création de votre micro-crèche. Pour ce faire, plusieurs éléments sont à prendre en compte, à savoir :

  • le nombre d’enfants que vous comptez accueillir et leur âge ;
  • les horaires d’ouverture et de fermeture ;
  • le projet d’établissement, qui consiste à veiller au bien-être, à la sécurité, à la santé et au développement de chaque enfant (suivant l’article R2324-17 du Code de la santé publique) ;
  • les valeurs pédagogiques et éducatives adoptées, ainsi que les services proposés au sein de votre micro-crèche.

Faire une étude de marché

Cette étape de votre entreprise permet d’évaluer le potentiel de votre micro-crèche. Dans cette optique, il convient d’étudier l’offre et la demande dans la zone d’implantation de votre futur établissement d’accueil. Concrètement, l’étude est basée sur les besoins des parents en termes de garde d’enfants. Vous devez également analyser la concurrence locale, incluant les crèches classiques, les haltes-garderies, les crèches interentreprises, les crèches parentales... Grâce à une étude de marché bien élaborée, vous serez en mesure d’adapter les services que vous proposez aux besoins et aux opportunités du territoire. Pour fournir un dossier pertinent, vous devez récolter un maximum de données, en l’occurrence :

  • un questionnaire à destination des parents ;
  • une investigation réalisée sur les médias sociaux pour connaître les dernières tendances du marché des micro-crèches ;
  • une analyse de marketing stratégique pour identifier les opportunités, les forces et les faiblesses de votre entreprise ;
  • une étude statistique portant sur le nombre d’enfants et/ou le nombre de naissances ;
  • des données chiffrées collectées auprès du Conseil départemental ou de la CAF.

Concevoir un modèle de plan d’affaires solide

Un business plan est différent d’une étude de marché, bien qu’il y soit intimement lié. Il constitue le dossier destiné à présenter votre projet entrepreneurial dans ses aspects commerciaux, financiers et économiques. Le business plan permet aux investisseurs et aux établissements bancaires de mieux en évaluer la rentabilité et la solidité. Ce document est nécessaire pour évaluer les besoins en financement de la micro-crèche que vous prévoyez d’ouvrir. Il a aussi pour fonction de donner un aperçu détaillé des dépenses et des recettes prévisionnelles de votre entreprise. Pour ce faire, il convient d’y définir les besoins financiers, humains et matériels. Ces données serviront de guide pour faire fonctionner votre société.

Pour convaincre les investisseurs, expliquez dans votre business plan comment vous comptez procéder pour trouver vos premiers clients. En plus de présenter une stratégie rentable, vous êtes également tenu d’établir le plan financier de votre entreprise avec des objectifs pertinents, incluant notamment la liste des :

  • dépenses d’investissement ;
  • dépenses courantes telles que les charges sociales, les assurances, le salaire alloué au personnel, ainsi que les factures d’électricité et d’eau ;
  • les moyens mis en œuvre afin d’optimiser le chiffre d’affaires (tarifs par enfant et par tranche d’âge) ;
  • les subventions destinées à assurer l’amortissement des investissements.

Trouver le local adapté à l’ouverture de votre micro-crèche

Le choix du local est une étape importante pour ouvrir une micro-crèche et en assurer la pérennité financière. L’objectif est de trouver un emplacement stratégique pour attirer et fidéliser vos clients. Votre établissement d’accueil doit également se conformer aux dispositions réglementaires fixées à l’article R2324-28 du Code de la santé publique. Dans ce cadre, vous devez vous assurer que :

  • les locaux sont conçus pour limiter les risques d’accident et favoriser l’éveil des enfants ;
  • l’aménagement intérieur répond aux besoins des enfants que vous accueillez ;
  • l’espace disponible est suffisant pour les activités prévues (jeux, change, repas et repos des enfants, entre autres).

Assurez-vous que les locaux sont équipés de sanitaires adaptés aux enfants. Enfin, n’oubliez pas de créer un local dédié au personnel.

Choisir son statut juridique

Le choix du statut juridique est une étape cruciale pour l’ouverture d’une micro-crèche. Il influe sur la fiscalité et la gestion de l’entreprise, ainsi que sur votre responsabilité en tant que directeur. Le montant de l’apport financier personnel dépend du statut juridique adopté. Pour la création de votre micro-crèche, vous avez le choix entre :

L’apport personnel n’est pas nécessaire dans le cas d’un établissement en SARL. Mais pour mettre toutes les chances de votre côté afin de contracter un crédit auprès d’une banque, un minimum d’apport personnel est de mise. C’est aussi le cas pour bénéficier des aides spécifiques telles que celles octroyées par la CAF (Caisse d'allocations familiales). Vous pouvez profiter d’allégements fiscaux. Pendant les premières années d’activité, vous êtes exonéré de certaines charges sociales de manière partielle ou totale grâce à votre statut de Jeune entreprise innovante (JEI).

Les démarches à entreprendre pour ouvrir votre micro-crèche

La nomination d’un référent technique diplômé est une étape incontournable pour ouvrir une micro-crèche. Ce professionnel de la petite enfance doit être titulaire d’un diplôme d’État d’infirmier-puériculteur ou d’éducateur de jeunes enfants, et avoir à son actif au moins trois ans d’expérience dans ce secteur d’activité. Le référent technique a plusieurs rôles :

  • encadrer les membres du personnel ;
  • veiller au respect des normes de sécurité et d’hygiène ;
  • assurer la responsabilité pédagogique et technique de l’établissement d’accueil ;
  • mettre en place les conditions optimales d’accueil et de confort pour favoriser le bien-être et l’éveil des enfants.

Vous devez engager un personnel qualifié et déposer auprès du conseil départemental un dossier de demande d'agrément. Selon l’article R2324-36-1 du Code de la santé publique, vous devez désigner le référent technique dans le dossier de demande d’agrément. Vous obtiendrez la réponse dans un délai de 3 mois au plus tard, à compter du dépôt de votre dossier auprès du service PMI du conseil départemental. De manière générale, avant la délivrance de l’agrément, une visite de contrôle des locaux est réalisée par des professionnels agréés.

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